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Introduction
François Mauriac est bordelais : cette origine marque son paysage physique, ses images, sa sensibilité : les landes, les pins, les incendies, les vignobles, la vie provinciale, la pesée d'un catholicisme « sociologique » ne cessent de hanter son univers romanesque. Mais tous ces thèmes sont autant de signes poétiques dont l'interprétation, chez Mauriac, n'est jamais évidente.
Le milieu de Mauriac est bourgeois, catholique; le père est mort alors que l'écrivain est très jeune ; son éducation fut confiée à des institutions religieuses. Il passa une licence de lettres à Paris; très tôt attiré par la création littéraire, il fut remarqué de Maurice Barrés, pour un recueil de poèmes, Les mains jointes (1909), dont le titre est déjà engagé vers ce qui sera sans doute le thème unique de Mauriac, la vie intérieure, ses ambiguïtés, sa cruauté, et l'évidence que, malgré tous les pièges de la mauvaise foi, en elle se tient tout le mystère humain, les conditions de son salut comme la source de sa chute.
Sa carrière littéraire est celle d'un artiste qui connaît très vite le succès public et la reconnaissance de l'establishment : élu très jeune à l'Académie française, en 1933 (sa méchanceté naturelle aimait à rapporter que, victime d'une grave affection à la gorge qui lui donna une voix altérée et étonnamment charmeuse, les Académiciens l'élirent si jeune parce qu'ils étaient persuadés de l'imminence de sa mort), prix Nobel en 1952, proche du pouvoir, lorsque De Gaulle revint aux affaires en 1958, homme de presse écouté et craint, Mauriac présente l'image paradoxale de la réussite mondaine fondée sur le mépris des valeurs respectées par le monde. Son premier grand succès est Le baiser au lépreux (1922) ; à partir de ce moment, il va publier avec régularité ces romans, toujours semblables, à chaque fois légèrement modifiés, mais marqués par la même écriture fine et aiguë : Genitrix ( 1923), Le désert de l'amour (1925), Thérèse Desqueyroux (1927), Le nœud de vipères (1932), Le mystère Frontenac (1933), La fin delà nuit (1935), Les anges noirs (1936), La Pharisienne (1941), Le sagouin (1951), L'agneau (1954). Au milieu de cette production romanesque, des textes apparemment extérieurs à la création donnent une des clés essentielles de la pensée de Mauriac : une Vie de Racine (1928) et une étude sur le milieu janséniste, Biaise Pascal et sa sœur Jacqueline (1931). C'est en effet dans la lecture incessante de Pascal, et dans la méditation du milieu de Port-Royal en général, que Mauriac découvre les données intellectuelles capables de donner une forme à son intuition : les plus hautes figures de la spiritualité exigeante sont en même temps celles que guettent la chute dans le phari-saïsme et le sadisme de la bonne conscience...
Contentement :
Introduction 3
1.1 Thérèse Desqueyroux – roman classique? 6
Conclusion 13
Littérature 14